Ça fait déjà quelques semaines que nous avons vu ce film à l'occasion du festival des films du monde de Montréal, mais il m'a semblé fort intéressant et je crois que ça vaut la peine d'en parler un peu ici. C'est l'histoire de jeunes juifs hassidiques qui décident de quitter le milieu ultra-orthodoxe et de vivre leur vie grosso modo comme monsieur et madame tout le monde. Le film montre l'histoire de deux frères à Montréal, d'une femme à New York et d'un homme et d'une femme à Jérusalem qui ont décidé qu'ils en avaient assez. On montre plusieurs aspects de la vie hassidime: les positifs comme la communauté forte, l'entraide, la volonté de toujours faire le bon choix, d'être plus qu'un simple individu et les négatifs comme le contrôle extrême des faits et gestes de chacun par la communauté, les mariages forcés, la grande inégalité homme-femme. On montre aussi qu'il n'est pas facile de se sortir de ce milieu car on en sort au bout d'un grand effort et pour certains avec rien, pas un sou. Ceci dépend de la communauté ultra-orthodoxe, les Loubavitch de Montréal par exemple se situent à l'avant-garde de l'ouverture envers les non-juifs et tentent de faire revenir les leurs vers la communauté.Ayant passé plusieurs années de ma vie à Outremont, j'ai souvent croisé les gens de cette communauté dans le quartier et j'ai entendu toutes sortes de choses à leur propos. C'est certain que je trouve leur façon de vivre étrange par rapport à la mienne et je ne suis pas vraiment surpris de voir que certains d'entre eux tentent d'en sortir. Par contre, j'admire leur capacité à vivre ensemble de la manière qui leur plaît. Les autres communautés ethniques ou religieuses tendent davantage à se fondre dans la masse. La cause des frictions, du moins à Outremont, c'est qu'ils ont tendance à avoir des familles nombreuses, avoir peu de contacts avec les autres et donc de prendre de plus en plus de place dans le quartier. Ultimement, si on conserve le statu quo je crois qu'une bonne partie du quartier deviendra relativement homogène et les gens qui y habitent et qui se retrouvent enclavés déménageront ailleurs petit à petit. Depuis les vagues d'immigration du 20e siècle, l'histoire des villes d'accueil est remplie de ce genre de remplacement du type de personnes habitant tel ou tel quartier. Qu'on se le tienne pour dit, les lieux finissent par appartenir à ceux qui se reproduisent en grand nombre, au Québec on le sait bien! Il n'y aurait rien d'anormal là.
Pour conclure cet article déjà trop long, je pense que de chaque côté nous devons faire des efforts pour nous comprendre mutuellement et pour en venir à apprécier le fait de vivre proches les uns des autres malgré les différences. Je pense qu'il y a moyen de prévenir la création d'un ghetto qui existerait au détriment de tous. Ce film est une étape en ce sens, je vous le recommande chaudement.
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